Lors de la séance plénière du Comité des régions (CdR) d'aujourd'hui, le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a mis en avant l'engagement des institutions de l'UE à lutter activement contre ce qui pourrait bien être la pire crise de ces 70 dernières années. "La croissance n'est pas un nouveau thème que nous abordons aujourd'hui sous la pression du débat politique et des médias, cela fait deux ans qu'elle est au centre de nos préoccupations", a expliqué M. Van Rompuy, en ajoutant qu'"au (prochain) Conseil européen de juin, la Commission européenne présentera l'agenda pour la croissance, qui prévoit le renforcement du rôle de la Banque européenne d'investissement et le lancement rapide d'emprunts obligataires pour le financement de projets". Il a souligné que l'austérité n'était pas pratiquée "par plaisir", mais plutôt "pour engendrer une croissance plus durable".
En réponse à la déclaration de la présidente du CdR, Mercedes Bresso, qui a exprimé les inquiétudes des régions et des villes européennes concernant les fortes réductions des dépenses sociales et des investissements cruciaux, M. Van Rompuy a clairement indiqué que "ce n'est pas à l'Union européenne d'intervenir dans la mise en œuvre de réformes structurelles et de mesures de consolidation budgétaire", et que "les États membres assument la responsabilité de mener une stratégie d'assainissement budgétaire tournée vers l'avenir, qui maintient les investissements vitaux dans des domaines tels que l'éducation, la recherche, l'innovation et le développement durable". Il a expliqué que, parallèlement, toutes les institutions de l'UE jouaient un rôle majeur en soutenant les efforts de relance et la mise en œuvre de la stratégie Europe 2020. À cet égard, il a félicité le CdR d'avoir créé la plateforme de suivi de la stratégie Europe 2020.
Michael Schneider (DE/PPE), président du Parti populaire européen (PPE), a ajouté qu'il était crucial "de dépenser les fonds de manière plus efficace et en particulier dans des domaines où nous disposons d'un effet de levier maximal pour stimuler davantage d'investissements privés et publics". M. Van Rompuy a défendu les propositions de la Commission européenne, expliquant que “si les crédits alloués à la politique de cohésion ont bien été gelés, le poids relatif de cette politique dans le budget global a augmenté”, ce qui traduit une prise de conscience de l'importance cruciale de la cohésion dans les politiques de l'UE.
M. Karl-Heinz Lambertz (BE/PSE), président du groupe PSE au CdR, a soulevé le problème de la profonde insuffisance des investissements en faveur du développement local, qui est source d'emplois et de croissance pour les citoyens européens . Son intervention était axée sur la situation critique des collectivités locales et régionales et sur la nécessité pour l'Europe "d'envoyer des signaux clairs afin d'aider à surmonter les difficultés actuelles". Cette position a été partagée par M. Jerzy Zajakala (PL/AE), président du groupe AE au CdR, et par Mme Flo Clucas (UK/ADLE), présidente de l'ADLE, qui a également proposé d'introduire de nouveaux instruments de soutien à la croissance économique. M. Van Rompuy a répondu en soulignant le rôle crucial de la Banque européenne d'investissement, la décrivant comme l'une des "principales banques multilatérales au monde". Celle-ci prévoit une augmentation de sa capacité financière de 10 milliards d'euros, lui permettant, grâce à son rôle multiplicateur, de porter "sa capacité de prêt globale à 60 milliards d'euros au cours des trois prochaines années, pour soutenir de nouveaux investissements à hauteur de 180 milliards d'euros". M. Van Rompuy a rappelé l'engagement qui a été pris d'accélérer le lancement des emprunts obligataires (project bonds) destinés à soutenir des projets d'infrastructures. Il a conclu en déclarant que "toutes ces questions seront traitées lors du sommet de juin et, à cette occasion, tous les États membres souhaitant formuler de nouvelles propositions et idées seront les bienvenus".
Au cours du débat, M. Van Rompuy a reconnu le rôle des collectivités locales et régionales dans la lutte contre la crise et la relance des économies locales, ainsi que dans le maintien des effets des mesures d'assainissement budgétaire, favorisant une meilleure compréhension des réformes structurelles en cours par les citoyens et les communautés locales. La nécessité de ces réformes a été mise en évidence par le premier vice-président du CdR, M. Ramon Luis Valcárcel Siso (ES/PPE), qui a affirmé que, "si nous voulons éviter les erreurs et les limites rencontrées lors de la mise en œuvre de la stratégie de Lisbonne, il convient d'associer pleinement les collectivités locales et régionales au déploiement de la stratégie Europe 2020."
Le Comité des régions
Le Comité des régions est l'Assemblée des représentants des pouvoirs locaux et régionaux de l'Union européenne. La mission de ses 344 membres originaires des 27 États membres consiste à associer les collectivités locales et régionales et les populations qu'elles représentent au processus décisionnel de l'UE et à les informer sur les politiques de l'UE. La Commission européenne, le Parlement européen et le Conseil sont tenus de consulter le Comité dans les domaines de décision politique concernant les régions et les villes. Le Comité des régions peut également saisir la Cour européenne de justice en cas de violation de ses droits ou bien s'il estime qu'un texte de loi de l'UE viole le principe de subsidiarité ou ne respecte pas les compétences des collectivités locales et régionales.
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