Communiqué de presse

Les régions et les villes méditerranéennes appellent à une coopération renforcée en cas de catastrophe

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  • Partenariat euro-méditerranéen
  • Turquie

Les élus locaux et régionaux des trois rives de la mer Méditerranée rendent hommage aux innocentes victimes civiles au Moyen-Orient.

Les responsables politiques régionaux et locaux de toute la Méditerranée ont exhorté les gouvernements nationaux à mettre en place une approche euro-méditerranéenne de réduction des risques de catastrophe, afin de s’assurer que les autorités soient mieux préparées aux tremblements de terre, à la pénurie d’eau, aux inondations et aux incendies de forêt.

La réunion plénière annuelle de l’Assemblée régionale et locale euro-méditerranéenne (ARLEM), qui a été accueillie à Alghero par le président du Conseil régional de Sardaigne Michele Pais (IT/ECR), a commencé par une minute de silence pour rendre hommage à toutes les victimes civiles innocentes au Moyen-Orient.

« Nous devons éviter d’exacerber cette catastrophe humanitaire et veiller à ce que la crise actuelle ne déclenche pas potentiellement un conflit à plus grande échelle. Nous appelons à la désescalade des tensions, à une solution pacifique du conflit et à la stabilité régionale au Moyen-Orient. Le but de l’ARLEM est de promouvoir la paix, la solidarité et la démocratie à travers les actions des dirigeants locaux et régionaux. En offrant un cadre de dialogue et de coopération ancré dans une dynamique euro-méditerranéenne, nous favoriserons une meilleure compréhension mutuelle et l’inclusion des personnes et des cultures », a déclaré Patrick MOLINOZ (FR/PSE), président de la commission des affaires extérieures du Comité européen des régions (CdR), et vice-président de la région Bourgogne-Franche-Comté. « Chaque vie perdue en est une de trop : souvenons-nous tous que toutes les vies ont la même valeur », a souligné Ahamad Al Khazali, maire de la municipalité du Grand Ramtha en Jordanie, qui a coprésidé la réunion.

Le ministre italien de la protection civile, Nello Musumeci, ancien membre du CdR, a envoyé un message vidéo à l’assemblée, qui a également entendu des maires et des gouverneurs d’un certain nombre de pays ayant subi d’importantes inondations et tremblements de terre cette année, y compris la Grèce, la Libye, le Maroc et la Turquie, ainsi que des régions gravement touchées par les incendies de forêt.

La principale recommandation des membres de l’ARLEM était d’instaurer une coopération transméditerranéenne fondée sur les priorités générales de réduction des risques définies par les Nations unies, ainsi que sur le système de l’UE consistant à identifier les régions qui nécessitent des stratégies ciblées, une coopération internationale accrue et un accès accru aux ressources. Les recommandations ont salué l’émergence au cours de l’année écoulée de trois initiatives visant à cartographier les risques, à préparer des réponses aux catastrophes et à fournir une aide technique, en les identifiant comme des initiatives que les collectivités locales et régionales — et l’ARLEM — pourraient aider à développer.

Le rapporteur André Viola (FR/PSE), membre du Conseil départemental de l’Aude, a déclaré: « Notre zone méditerranéenne est l’une des régions où les effets du réchauffement climatique seront particulièrement graves, compte tenu de notre vulnérabilité à de nombreuses formes de catastrophes naturelles, feux de forêt, sécheresses, inondations, tremblements de terre. Jusqu’à présent, les projets euro-méditerranéens de protection civile ont renforcé la coopération entre les pays et les agences nationales de protection civile. Il est maintenant temps d’inclure les collectivités locales et régionales dans la gouvernance des systèmes de protection civile. Leur rôle est crucial pour améliorer la résilience aux catastrophes, et aussi, comme nous le voyons en ces tristes jours de guerre, pour fournir une réponse humanitaire rapide. »

Des propositions visant à promouvoir des transports urbains durables ont également été adoptées durant la réunion. Les recommandations s’appuient sur des études de cas de stratégies menées par deux capitales nord-africaines — Rabat au Maroc et Tunis en Tunisie — ainsi que sur les tendances au sein de l’UE. Le rapport met également l’accent sur les aspects sanitaires de la politique des transports qui doivent être mieux pris en compte dans les politiques nationales. Au niveau municipal, le rapport préconise une transition vers les véhicules électriques, le vélo, la marche et les solutions de micromobilité, telles que les vélos et les scooters, décrits comme un moyen efficace de résoudre le problème du «premier et dernier kilomètre» entre chez soi et les transports en commun.

L’avis a été rédigé par Abdelaziz Derouiche, président de l’Association marocaine des présidents des conseils des préfectures et des provinces, qui avait présenté un projet antérieur sur ses propositions à l’Union pour la Méditerranée le 4 mai, lors d’une conférence ministérielle sur le développement urbain durable. La valeur ajoutée de la contribution a été soulignée par le secrétaire général adjoint de l’UpM, Erdal Sebri Ergen, qui a insisté sur la nécessité pour l’UpM et l’ARLEM de poursuivre leur décennie de coopération, en particulier dans les domaines du développement urbain et de la protection civile.

Deux entreprises de transport qui ont réussi à promouvoir la transition vers l’abandon des combustibles fossiles sont apparues en tant que lauréates et deuxièmes d’un prix présenté lors de la réunion en Sardaigne. Le prix de l’ARLEM : L’entrepreneuriat local jeune en Méditerranée reconnaît à la fois le travail des entrepreneurs de moins de 35 ans et les efforts déployés par les autorités locales pour promouvoir des politiques favorables aux entreprises.

Le premier prix a été attribué à la collaboration entre Oğuzhan Saritaş et la ville turque d’İzmir, pour le développement d’une application, Car4Future, qui permet aux propriétaires de véhicules électriques de trouver des bornes de recharge et de gagner de l’argent en partageant leur propre borne de recharge. La seconde place a été remportée par la ville de Marrakech et Cantal Bakker, un ressortissant néerlandais dont la société de partage de vélos, Pikala, organise également des campagnes de sécurité routière et sensibilise aux questions de transport dans les écoles.

La question de la durabilité est un élément central du travail de l’ARLEM depuis sa création en 2010.

Contexte :

  • L’ordre du jour de la réunion et la liste des participants sont disponibles ici. Deux rapports ont été adoptés : «Le rôle des villes et des régions dans la protection civile méditerranéenne», élaboré par André Viola (FR/PSE), membre du Conseil départemental de l’Aude ; et «Santé urbaine et mobilité urbaine durable en Méditerranée», dont le rapporteur était Abedelaziz Derouiche, président de l’AMPCPP et président du Conseil préfectoral de Rabat (Maroc).
  • L’Assemblée régionale et locale méditerranéenne (ARLEM) est un forum qui réunit des représentants locaux et régionaux de l’Union européenne et de ses partenaires méditerranéens. L’ARLEM a été créée en 2010 par le Comité européen des régions, qui assure le secrétariat et joue un rôle consultatif dans les travaux législatifs de l’Union européenne. L’ARLEM sert également à éclairer les travaux de l’Union pour la Méditerranée, une initiative de coopération régionale visant à promouvoir la stabilité, la croissance économique et la compréhension culturelle dans la région méditerranéenne.
  • Les trois initiatives euro-méditerranéennes en matière de protection civile qui ont vu le jour en 2023 sont : une collaboration technologique entre l’Agence spatiale européenne et le Centre international pour la science et la technologie afin d’identifier les risques ; une étude multi pays des principaux risques et capacités de réaction ; et le programme OSA visant à fournir une assistance technique aux pays tiers. Tous trois font partie du programme PPRD Med financé par l’UE pour la prévention, la préparation et la réaction aux catastrophes naturelles et d’origine humaine en Méditerranée.

Contact:

Andrew Gardner

Tel. +32 473 843 981

andrew.gardner@cor.europa.eu