Le Comité européen des régions (CdR) et la Commission européenne ont signé un nouveau plan d’action conjoint lors de la réunion de la commission de la politique sociale, de l’éducation, de l’emploi,…
Quelques jours à peine après la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, des élus locaux des collectivités d’Europe et des députés du Parlement européen ont à nouveau débattu de l’impérieuse nécessité de lutter contre les violences à caractère sexiste, lesquelles ont de lourdes conséquences au niveau non seulement des individus, mais aussi de la société. Réunis en session plénière ce 29 novembre, les responsables politiques locaux du Comité européen des régions (CdR) ont adopté un avis dans lequel ils demandent que l’on s’attaque en priorité aux causes profondes de ces violences, telles que les inégalités entre les hommes et les femmes et les constructions culturelles ou sociales délétères, insistant à cet égard pour que l’on investisse davantage dans la prévention, l’éducation et la sensibilisation.
Les violences commises à l’égard des femmes et des jeunes filles continuent dans une large mesure d’échapper à tout signalement, en raison de l’impunité, du silence, de la stigmatisation et de la honte qui les entourent. Outre les souffrances individuelles incommensurables qu’elles infligent, les violences faites aux femmes (y compris au sein du couple) génèrent dans l’UE des coûts sociaux et sanitaires dont le montant pourrait s’élever, selon les estimations, jusqu’à 289 milliards d’euros chaque année. Ces coûts sont en premier lieu imputables aux conséquences physiques et psychologiques de ces actes (56 %,), devant le fonctionnement des services de justice pénale (21 %) et le manque à gagner pour l’économie (14 %). D’autres coûts peuvent aussi être liés à l’aide au logement et à la protection de l’enfance (EIGE, 2021).
Dans l’avis intitulé « Mettre fin à la violence fondée sur le genre — Les villes et les régions jouent un rôle pionnier », dont la rapporteure est Donatella Porzi, conseillère régionale de la région d’Ombrie, les membres du CdR mettent en avant le rôle que les collectivités locales et régionales jouent — en tant que prestataires des services sociaux et sanitaires et des conseils juridiques nécessaires — dans la prévention des violences sexistes et la protection, l’assistance et le soutien en faveur des victimes. Ils insistent aussi sur le fait qu’il est urgent de s’attaquer aux racines mêmes de la violence que sont par exemple les inégalités, les constructions sociales étriquées et les stéréotypes sexistes, mais aussi de renforcer l’éducation et la sensibilisation autour de cette question.
Le Comité demande également que l’on adopte une approche centrée sur les victimes et que l’on sensibilise les personnes qui se trouvent en première ligne pour leur porter secours. Il rappelle aussi qu’à peine un tiers des victimes de violences sexistes témoignent des agressions qu’elles ont subies, et que des systèmes de signalement accessibles, tels que des lignes d’assistance téléphonique, devraient par conséquent être mis en place pour faciliter et encourager les signalements. Il conviendrait également d’assurer aux victimes un accès facile et en plusieurs langues à des informations sur leurs droits, sur les démarches à entreprendre et sur les dispositifs de protection et de soutien qui leur sont proposés. Enfin, les responsables politiques locaux et régionaux de l’Europe plaident aussi en faveur d’une protection des femmes et des enfants migrants et réfugiés, qui sont très vulnérables face aux mauvais traitements, aux violations de leurs droits et à diverses formes de violence.
La rapporteure recommande, à titre de bonne pratique, de mettre en place un «parcours» spécifique pour les victimes, à l’image de qui se fait en Toscane, mais aussi à Bruxelles, pour les orienter vers une procédure spéciale de soins d’urgence, de relogement et d’assistance sociale, effectuer un suivi sexospécifique et assurer la liaison entre les services sociaux et sanitaires et ceux chargés de la répression et des poursuites pénales.
Il faut, pour mettre fin aux violences à caractère sexiste, adopter une approche globale intégrant différentes actions de prévention et prendre des mesures immédiates, par exemple repenser les aménagements urbains et les transports, mais aussi inclure les hommes dans les démarches entreprises et détricoter les préceptes machistes et les stéréotypes autour du genre et du sexe grâce à l’éducation et à la sensibilisation.
Le Comité prend acte, dans cet avis, des progrès accomplis depuis l’adoption de la stratégie de l’Union européenne en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes, en 2020, et de l’importance pour l’Union d’adhérer à la convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes, également connue sous le nom de convention d’Istanbul. Il invite également la Commission européenne et les États membres à intégrer la dimension du genre dans les processus budgétaires comme instrument pour améliorer l’égalité des sexes.
Citation
Nadia Pellefigue (FR/PES), vice-présidente de la région Occitanie, a déclaré : « Au travail, dans la rue, chez elles. Les femmes et les filles doivent pouvoir être en sécurité. Je suis heureuse que ma Région Occitanie s’engage et qu’elle ait adopté le 16 novembre dernier la résolution #SafePlace4Women. Notre voix s'ajoute à celle des territoires progressistes d'Europe pour combattre les violences faites aux femmes et aux filles parce qu’elles sont femmes. Ensemble, femmes et hommes, acteurs publics et privés, nous devons unir nos forces pour faire de l’Occitanie une place sûre pour les femmes ou une « Safe place for Women » comme on dit en bon occitan ou catalan ! »
Pour en savoir plus
L’Assemblée générale des Nations unies a proclamé le 25 novembre Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes (résolution A/RES/54/134). Le but de cette journée est de sensibiliser l’opinion publique dans le monde entier quant au fait que les femmes sont victimes de viols, de violences domestiques et d’autres formes de violence.
Dans ses orientations politiques, la présidente von der Leyen a fait valoir qu’il était nécessaire de prévenir et de combattre les violences à l’égard des femmes, et qu’il s’agissait pour la Commission d’une priorité. La stratégie intitulée «Une Union de l’égalité: stratégie en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes 2020-2025» annonçait des mesures au niveau de l’Union européenne pour lutter contre la violence sexiste et mettre en œuvre, dans ce domaine, des politiques globales et coordonnées. Cet engagement a été renouvelé dans le cadre du socle européen des droits sociaux (COM/2021/102 final).
De plus amples informations figurent dans les publications suivantes :
Note d’information sur la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique
Vidéos:
Lutter contre la violence sexiste et rendre l’espace public sûr pour les femmes: Antje Grotheer, présidente de l’Assemblée civile de Brême et membre du CdR, et Ilaria Capano, membre du réseau des jeunes mandataires politiques du CdR
Les régions et les villes agissent pour faire de l’égalité entre les hommes et les femmes une réalité; Assistance pluridisciplinaire aux victimes de violences sexistes, Valence, Espagne
Photographies de la session plénière du CdR
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