Communiqué de presse

Les régions appellent à une action renforcée de l'UE pour mettre fin à la pauvreté infantile

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Pour éradiquer la pauvreté infantile, l’UE doit consacrer au moins 20 milliards d’euros à une garantie européenne forte pour l’enfance et aller au-delà des prestations financières isolées pour enfants pour adopter un cadre d’action garantissant aux enfants l’accès au logement, aux soins de santé, à l’éducation et à l’alimentation, a déclaré le Comité européen des régions (CdR) dans une série de recommandations adoptées lors de sa session plénière du 5 mars.

Dans l’avis dirigé par Fauzaya Talhaoui (BE/PSE), présidente du Conseil de la province d’Anvers, les dirigeants locaux et régionaux ont averti qu’en dépit des efforts en cours, la pauvreté des enfants dans l’Union reste généralisée et, dans certains cas, s’aggrave, près d’un enfant sur quatre (19,5 millions en 2024) étant exposé au risque de pauvreté ou d’exclusion sociale. Ils ont souligné que le soutien financier à lui seul ne brisera pas les cycles intergénérationnels de pauvreté et d'inégalité.

Les dirigeants locaux et régionaux ont été invités à apporter leur contribution par la présidence du Conseil de l’Union européenne, qui est actuellement présidée par Chypre. La garantie européenne pour l’enfance est un engagement pris par les États membres de l’UE de veiller à ce que chaque enfant en Europe exposé au risque de pauvreté ou d’exclusion sociale ait accès aux droits les plus fondamentaux, tels que les soins de santé et l’éducation.

Les membres du CdR soulignent que les politiques de bien-être des enfants doivent être traitées comme des investissements sociaux à long terme essentiels à la résilience et à la cohésion sociale de l’UE. Ils ont plaidé en faveur d’une approche stratégique intégrée qui combine une aide au revenu adéquate avec un accès effectif à des services essentiels tels que l’éducation de qualité, les soins de santé, le logement, la nutrition et les services à la petite enfance, conformément à la garantie européenne pour l’enfance. Ils ont également souligné que les enfants en situation de vulnérabilité devraient recevoir des prestations universelles pour enfants complétées par un soutien supplémentaire ciblé.

Les régions et les villes ont déclaré que la garantie européenne pour l’enfance est essentielle pour garantir l’accès effectif des enfants aux services essentiels et ont exhorté la Commission européenne à allouer au moins 20 milliards d’euros dans le prochain budget à long terme de l’UE, pour la période 2028-2034, afin de soutenir sa mise en œuvre, et ont souligné que ses progrès ne doivent pas être affaiblis par un transfert des ressources de l’UE. Ils ont également plaidé en faveur d’un Fonds social européen plus (FSE+) solide et bien financé, distinct et reconnaissable dans le cadre de la politique de cohésion, le principal instrument de l’UE pour investir dans les personnes, lutter contre la pauvreté et préserver la cohésion sociale et territoriale.

Le CdR a souligné que les collectivités locales et régionales sont souvent les premières à identifier les vulnérabilités et les formes émergentes de pauvreté infantile et à apporter des solutions sur le terrain, et a appelé à leur participation à la conception, à la mise en œuvre et au suivi des mesures liées à l’enfance, y compris les plans d’action nationaux en matière de garantie pour l’enfance et la future stratégie de lutte contre la pauvreté. Les membres ont en outre plaidé en faveur d’une gouvernance à plusieurs niveaux plus forte, d’un suivi territorial et d’une coopération plus étroite entre les institutions de l’Union, les États membres et les collectivités locales et régionales afin de veiller à ce que la garantie européenne pour l’enfance atteigne efficacement les enfants les plus vulnérables.

Afin de mieux relier l’expérience locale et régionale à l’élaboration des politiques de l’UE et de développer des solutions territorialisées efficaces dans l’ensemble de l’UE, l’assemblée des dirigeants locaux et régionaux a invité la Commission européenne, en coopération avec le Parlement européen, à nommer un coordinateur européen spécifique pour la garantie européenne pour l’enfance et à améliorer le suivi de la transparence et la responsabilité des dépenses publiques en faveur des enfants en introduisant un «marqueur enfant» pour suivre les budgets de l’UE et des États membres.

Citations

Anne Ridusihli (FR/Renew), conseillère départementale des Bouches-du-Rhône : « Les réponses à la lutte contre la pauvreté infantile nécessitent une mobilisation globale afin de lutter contre les inégalités de naissance. la continuité de la politique sociale européenne de cohésion est d’une importance vitale pour ces enfants. Nous devons aussi lutter contre les algorithmes qui abîment la santé mentale des jeunes. Bannir ces réseaux aux moins de 16 est une urgence. » 

Rapporteure Fauzaya Talhaoui (BE/PSE), présidente du Conseil de la province d’Anvers : « En Europe, près de 20 millions d’enfants sont exposés au risque de pauvreté ou d’exclusion sociale. Si nous voulons vraiment briser les cycles intergénérationnels de pauvreté, nous devons garantir à chaque enfant un accès effectif au logement, aux soins de santé, à une éducation de qualité et à la nutrition. La garantie européenne pour l’enfance doit être intégralement financée et correctement mise en œuvre, avec au moins 20 milliards d’euros dans le prochain budget de l’UE et un FSE+ fort et visible au cœur de la politique de cohésion. Investir dans les enfants n’est pas un coût: il s’agit de l’investissement le plus stratégique que l’Europe puisse faire dans sa résilience, sa cohésion sociale et son avenir. »

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Hélène Dressen
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