Communiqué de presse

État des régions et des villes : une politique de cohésion forte et décentralisée est essentielle pour la résilience et la compétitivité de l’Europe

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  • Politique de cohésion
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« Les dirigeants régionaux et locaux se mobilisent pour contrer toute nationalisation des investissements de l’UE et éviter que les régions et les agriculteurs ne soient contraints de se livrer à une compétition façon Hunger Games pour les ressources », a déclaré la Présidente Tüttő.

Le Comité européen des régions (CdR) a publié la sixième édition du rapport annuel de l’UE sur l’état des régions et des villes, qui a été présenté par la présidente Kata Tüttő le 13 octobre lors de la séance d’ouverture de la 23e Semaine européenne des régions et des villes aux dirigeants, décideurs et parties prenantes européens, nationaux et régionaux.  

Le rapport annuel 2025 examine les principaux défis auxquels l’UE est confrontée au niveau régional, parallèlement aux solutions locales. Une enquête d’accompagnement, commandée par le CdR et menée par IPSOS, identifie certaines des principales raisons pour lesquelles les responsables politiques locaux et régionaux apprécient le soutien de l’UE et la manière dont ils estiment que la coopération devrait être façonnée. 

La présidente Tüttő a déclaré : « Ce rapport annuel met en lumière les difficultés et les points de pression auxquels font face nos concitoyens et nos territoires — mais il reconnaît également leur ambition, leur leadership, leur créativité et leur capacité d’innovation. Il montre comment la politique de cohésion nous aide à maintenir la force de l’Europe depuis l’intérieur. Cette politique constitue l’instrument le plus concret, le plus décentralisé et le plus stabilisateur à long terme de l’Union, qui nous unit à travers des valeurs communes et des investissements partagés dans nos avenirs respectifs. C’est la stratégie de résilience de l’Europe. La nouvelle proposition budgétaire menace de la nationaliser, de la priver de financements et de la détacher de Bruxelles, forçant ainsi les régions et les agriculteurs à se livrer à une compétition façon Hunger Games pour les ressources. C’est pourquoi nous sommes tous mobilisés pour l’avenir de la cohésion. »

La séance d’ouverture a été marquée par les discours d’ouverture de Roberta Metsola, présidente du Parlement européen, et de Raffaele Fitto, vice-président exécutif de la Commission européenne chargé de la cohésion et des réformes, suivis d’un message vidéo de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Trois tables rondes supplémentaires ont ensuite eu lieu, consacrées respectivement à la cohésion et à la croissance pour l’avenir, au droit de rester, et à la manière dont les villes construisent le monde de demain, avec la participation d’hommes et de femmes politiques ainsi que d’experts.

Les faits saillants du rapport annuel de l’UE sur l’état des régions et des villes sont les suivants : 

  • Le financement de l’UE en faveur du développement régional favorise depuis longtemps la convergence économique, les régions et les villes cogérant des projets, mettant en œuvre plus de 70 % des politiques de l’UE et gérant les deux tiers des dépenses publiques. La proposition de la Commission pour le cadre financier pluriannuel 2028-2034 affaiblit cette obligation en centralisant les décisions en un seul plan par État membre. Une telle centralisation risque de compromettre les efforts importants déployés en faveur du développement dans toutes les régions de l’UE, étant donné qu’une approche universelle ne peut pas relever les défis locaux spécifiques d’une transition propre et juste ni restaurer la compétitivité. Seule une approche territorialisée, reposant sur des solutions locales et des stratégies décentralisées, peut atteindre les objectifs de l’Union en matière de cohésionetde résilience.  

  • De nombreuses communautés sont confrontées à des risques croissants liés à de multiples catastrophes naturelles et climatiques, une personne sur cinq étant exposée à plusieurs dangers, la plupart des Européens ne se sentant pas préparés, et les inondations de 2024 causant 18 milliards d’euros de dommages. Le CFP proposé constituerait un pas en arrière pour les politiques liées à la résilience, étant donné que les solutions fondées sur la nature pourraient être mises à l’écart, le programme LIFE abandonné et les principales initiatives environnementales relevant de la politique de cohésion menacées. 

  • 47 millions d’Européens ne peuvent pas chauffer leur logement de manière adéquate, ce qui souligne l’augmentation de la précarité énergétique depuis 2020 et la nécessité de continuer à soutenir la politique de cohésion en faveur de l’efficacité énergétique, des énergies renouvelables et des populations vulnérables. 

  • La résilience en matière de sécurité est mise à rude épreuve, les infrastructures critiques étant confrontées à des cyberattaques, la désinformation perturbant la politique et les régions étant appelées à renforcer la préparation civile et les pôles industriels liés à la défense, comme en témoigne le nouveau groupe de travail du CdR sur la défense. 

  • L’UE est confrontée à une crise du logement généralisée et coûteuse, avec un déficit de 2,3 millions d’unités par an nécessitant environ 270 milliards d’euros par an, ce qui nécessiteune coopération étroite avec les régions et les villes afin de garantir le caractère abordabledu logement.

  • Deux régions sur trois devraient voir leur population diminuer d’ici à2050, ce qui impactera particulièrement les zones rurales et qui souligne la nécessité de politiques socio-économiques plus fortes pour soutenir les transitions démographiques. 

  • Les services publics dans les zones rurales, cruciaux mais sous pression, nécessitent des investissements transversaux, des incitations fiscales et une aide ciblée, étant donné que 36 % des habitants des zones rurales citent la qualité des services comme leur préoccupation la plus pressante, malgré des réductions à long terme des dépenses.

  • Les disparités entre les hommes et les femmes restent importantes, avec des écarts persistants en matière d’emploi entre les États membres et une sous-représentation des femmes, qui, en 2025, formaient une majorité dans seulement 26 des 286 assemblées régionales. 

Plus d'informations

  • Page web consacrée au rapport annuel de l’UE sur l’état des régions et des villes, qui comprend le discours complet de la présidente Kata Tüttő, le rapport complet, les fiches d’information et les éditions précédentes. 

  • Vidéo et photos du discours et de la séance d’ouverture de la Semaine européenne des régions et des villes 2025. 

  • Priorités du CdR pour la période 2025-2030: le CdR plaide en faveur d’une cohésion, d’une résilience et d’une proximité plus fortes afin de construire une UE plus juste, plus réactive etcentrée sur les personnes. 

 

Contact  

Hélène Dressen
Tél: +32 471502795
helene.dressen@cor.europa.eu