Víctor Moreno Morales de Setién
victor.morenomoralesdesetien@cor.europa.eu
Le Comité européen des régions (CdR) a présenté ses propositions pour la stratégie macrorégionale atlantique émergente de l’UE, appelant à de meilleures liaisons dans les domaines des transports et de l’énergie, à un financement coordonné et à un rôle formel plein et entier des collectivités locales et régionales dans sa gouvernance.
L'avis intitulé "Une macrorégion atlantique"a été adopté lors de la session plénière du CdR du 14 octobre. Il répond à l’invitation adressée par le Conseil européen à la Commission européenne en décembre 2025, en collaboration avec les États membres, d’élaborer une stratégie macrorégionale pour l’Atlantique d’ici juin 2027.
Le CdR demande que la stratégie intègre la stratégie maritime atlantique existante, renforce la connectivité et la cohésion territoriale le long de la côte atlantique et soit soutenue par un cadre de financement qui préserve la dimension territoriale de la politique de cohésion.
La proposition réunirait les défis maritimes et terrestres dans le cadre d’une stratégie unique pour la région atlantique.
Le développement de la stratégie macrorégionale maritime atlantique a été décrit comme une étape historique pour la région atlantique par le rapporteur Ander Caballero Barturen (ES/Renew Europe), secrétaire général pour l’action extérieure du gouvernement du Pays basque, et par le président de la communauté autonome du Pays basque, Imanol Pradales Gil (ES/Renew Europe), qui a présenté l’avis lors de la session plénière du CdR.
Connectivité, climat et démographie
L’avis met en évidence la combinaison des défis géographiques, économiques et environnementaux auxquels la façade atlantique est confrontée. Il s’agit notamment de la distance par rapport aux principaux centres économiques de l’UE, de l’insuffisance des liaisons de transport, du vieillissement de la population, du risque de dépeuplement, de la migration irrégulière depuis la côte ouest-africaine et de l’exposition croissante aux phénomènes météorologiques extrêmes. Certains sont également confrontés aux défis supplémentaires liés au statut de région ultrapériphérique de l’UE.
Le CdR appelle à renforcer les connexions ferroviaires, portuaires, énergétiques et numériques, en particulier les liaisons ferroviaires entre les régions atlantiques de la péninsule ibérique et le reste de l’Europe.
Il demande également que la stratégie adopte une approche territoriale différenciée qui évite de concentrer les avantages dans les zones les plus prospères et d’investir pour rendre les petites villes, les villages et les communautés isolées plus attrayants pour vivre et travailler, renforçant ainsi ce que l’avis appelle le «droit de rester».
Priorités et financement
Le CdR approuve les cinq priorités de la feuille de route élaborée par la Conférence des régions périphériques maritimes de la Commission Arc Atlantique d’Europe: à savoir l’innovation et la durabilité, l’amélioration des interconnexions, l’adaptation au changement climatique, la cohésion sociale et une meilleure gouvernance. Elle propose d’ajouter une dimension transversale, comprenant la souveraineté technologique, la sécurité géoéconomique et la résilience industrielle de l’Atlantique.
En ce qui concerne le financement, la stratégie devrait, selon le CdR, être alignée sur les instruments de l’UE au titre du cadre financier pluriannuel 2028-2034, tels que le mécanisme pour l’interconnexion en Europe III, les plans de partenariat nationaux et régionaux et le Fonds européen pour la compétitivité. Le Comité souhaite la préservation et le renforcement d’Interreg, rejette toute approche centralisée susceptible d’affaiblir la dimension territoriale de la politique de cohésion et met en avant un «fonds commun virtuel» grâce auquel les régions atlantiques coordonneraient les programmes et les appels tout en gérant leurs propres fonds.
Gouvernance à plusieurs niveaux
L'avis propose une présidence tournante unique, exercée pendant deux ans par chaque État membre et ses régions, et une assemblée générale unique. L’actuel comité de pilotage maritime atlantique de l’UE serait complété par un nouveau comité de pilotage pour les priorités terrestres. Chaque comité aurait un représentant dans l'autre.
L’avis du CdR propose également qu’un secrétariat permanent, financé principalement par Interreg, soit pleinement opérationnel d’ici au second semestre 2027, aux côtés d’un observatoire atlantique et d’un groupe de travail sur le financement conjoint. L’avis souligne également que la macrorégion devrait rester ouverte à la coopération avec les territoires non membres de l’UE liés à la façade atlantique, ce qui, au fil du temps, pourrait impliquer le Royaume-Uni et le Canada, ainsi que des nations et des régions telles que le Pays de Galles et le Québec.
Citation :
Isabelle Boudineau (FR/PES), conseillère régionale de Nouvelle-Aquitaine : « La création d’une Macrorégion Atlantique permettra de renforcer nos coopérations, de doper nos innovations et notre compétitivité en accompagnant les acteurs économiques, notamment maritimes, de nos régions. La Nouvelle Aquitaine entend s'impliquer pleinement dans cette macrorégion. »
Plus d'information
Contact
Hélène Dressen
+32471502795
victor.morenomoralesdesetien@cor.europa.eu
Spain
Membre
President of the Autonomous Community of the Basque Country
Spain
Suppléant/Suppléante
General Secretary for External Action and a Global Basque Country, Government of the Basque Country