Communiqué de presse

Les régions et les villes réclament une préférence européenne pour une stratégie de défense qui renforce la sécurité

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Les régions et les villes européennes sont en première ligne des défis actuels en matière de sécurité, de l’impact de la guerre en Ukraine à la pression sur les frontières extérieures et aux menaces hybrides, ce qui rend la résilience et la préparation locales plus vitales que jamais. Dans ce contexte, les membres du Comité européen des régions (CdR) ont tenu un débat et adopté un avis sur le thème « Préparation de l’Europe à la défense à l’horizon 2030 » lors de la session plénière du 15 octobre, dans lequel ils ont clairement demandé que les ambitions de l’Europe en matière de défense renforcent la sécurité tout en donnant aux industries locales les moyens d’agir. 

Au cours du débat, qui s’est tenu avec Christophe Gomart (FR/PPE), député au Parlement européen et rapporteur sur le « Projet de rapport sur la préparation à la défense européenne à l’horizon 2030 : évaluation des besoins », les membres du CdR ont souligné que les régions jouent un rôle décisif dans la mise en place de pôles technologiques de défense et à double usage, en particulier dans les zones frontalières. Ils ont souligné qu’une attention particulière doit être accordée aux régions frontalières extérieures exposées au risque d’agression, avec un soutien socio-économique ciblé, et que les collectivités locales et régionales devraient également être reconnues comme des acteurs clés dans le renforcement de la préparation civile et de la résilience face aux menaces hybrides. 

Les membres du CdR ont adopté un avis qui comprend des recommandations territorialisées et des propositions d’amendements législatifs visant à faire en sorte que Readiness2030 tienne compte des réalités, des atouts et des défis territoriaux, qu’elle profite aux clusters et aux PME de l’UE et qu’elle renforce la cohésion territoriale de l’UE, en faisant observer que la politique de cohésion peut soutenir l’industrie de la défense si elle contribue à la création d’emplois et à la croissance économique régionales, conformément à sa mission principale. L’avis appelle également à renforcer davantage les synergies entre la politique de cohésion et les objectifs de défense. Notant que l'instrument "Action de sécurité pour l'Europe" (SAFE) a déjà été adopté par le Conseil, les membres du CdR ont souligné qu'il devrait y avoir une définition forte de la préférence européenne, afin de s'assurer que les investissements considérables nécessaires à la sécurité de l'UE alimenteront les industries locales de l'UE et renforceront la souveraineté européenne. Ils ont souligné que le financement doit principalement bénéficier aux États membres de l’UE et à l’Ukraine et qu’au moins 70 % du coût des composants de défense dans les projets financés devraient provenir de l’UE, l’autorité de conception étant basée dans l’Union.  

Les dirigeants locaux et régionaux ont souligné la nécessité de préserver la cohésion régionale lors du renforcement de l’industrie de la défense de l’UE, en veillant à ce que les territoires accueillant des pôles de défense et des champions nationaux demeurent compétitifs. Dans l’avis, les membres du CdR préviennent également que les limites budgétaires actuelles et une trajectoire de quatre ans pour les dépenses de défense risquent de constituer une « falaise budgétaire » et demandent plutôt une prolongation du délai jusqu’en 2032 afin de garantir la stabilité des gouvernements et de l’industrie. Ils ont souligné que le recours à la dette pour financer structurellement notre sécurité n’est pas durable et ont donc proposé la mise en place d’un nouveau système de véritables ressources propres afin de garantir la capacité de l’UE à répondre efficacement aux défis en matière de sécurité à l’avenir. 

Citations

Christophe Rouillon (FR/PSE), Maire de Coulaines : « La Russie de Poutine est de plus en plus menaçante pour l'Union européenne et nous ne sommes pas prêts à défendre nos frontières et nos intérêts vitaux. Il est urgent de mobiliser des fonds sans dévitaliser la politique de cohésion territoriale. L'urgence est d'élaborer une stratégie diplomatique commune et de muscler notre industrie de défense. Les Etats ne peuvent agir seuls. Le groupe de travail sur la défense doit être un forum d'échange des bonnes pratiques et surtout une instance de propositions pour mobiliser les forces vives, former les travailleurs et favoriser les reconversions ou la production hybride de matériels civils et militaires. Voilà notre feuille de route ! » 

Christophe Gomart (FR/PPE), député au Parlement européen et premier vice-président de la commission de la sécurité et de la défense (SEDE) : « Ce rapport sur l’état de préparation de l’Europe en matière de défense à l’horizon 2030 : Assessment of Needs » vise à renforcer les entreprises européennes de défense en proposant de nouveaux mécanismes de financement. S’appuyant sur plus de 60 entretiens avec des entreprises et des investisseurs européens dans le domaine de la défense, il recense trois grands défis : garantir davantage de commandes et de visibilité, augmenter les taux de production et améliorer l’accès au financement. En se concentrant sur le troisième défi, il aborde les difficultés d'obtention de financement, la nécessité d'une interprétation plus souple des critères ESG pour encourager la participation des investisseurs et la pénurie de fonds d'investissement européens spécialisés à grande échelle. Malgré d'importantes dépenses de défense de l'UE, le rapport affirme que les dotations actuelles sont insuffisantes par rapport aux contreparties mondiales, ce qui nécessite des solutions de financement innovantes pour soutenir le secteur. Ces questions sont au cœur des préoccupations du Comité européen des régions. Les régions et territoires sont en effet le terreau du développement de la base industrielle et technologique de défense (BITDE) de l’UE. » 

Plus d'informations

  • Le rapport annuel 2025 de l’UE sur l’état des régions et des villes montre que la sécurité locale est mise à l’épreuve: les infrastructures locales critiques sont gravement menacéespar les cyberattaques, la politique locale est influencée par la désinformation et les régions doivent désormais contribuer à l’expansion de la préparation civile et à la création de pôles industriels dans le secteur de la sécurité et de la défense. 

  • Le 22 septembre, le Comité européen des régions a lancé le groupe de travail sur la défense, présidé par Fernando López Miras (ES/PPE), président de la région de Murcie, afin d’intégrer les perspectives régionales et locales dans la défense de l’UE et de renforcer la résilience de l’Europe en promouvant les contributions territoriales à la préparation à la défense, à la protection civile, à la réaction aux crises et à une industrie de la défense compétitive.   

  • Le 19 mars, la Commission européenne a présenté le livre blanc sur ladéfense européenne – Préparation à l’horizon 2030 et, dans le cadre du plan ReArm Europe/Préparation à l’horizon 2030, un ambitieux train de mesures en matière de défense fournissant des leviers financiers aux États membres de l’UE pour stimuler une augmentation des investissements dans les capacités de défense. Alors que le plan ReArm Europe/Readiness 2030 vise à renforcer les capacités de défense paneuropéennes par des moyens financiers, le livre blanc définit une nouvelle approche de la défense et recense les besoins d’investissement. 

  • Le Conseil de l'Union européenne a adopté, le 27 mai, l'action de sécurité pour l'Europe (SAFE), un nouvel instrument financier octroyant jusqu'à 150 milliards d'euros de prêts à long terme à des prix compétitifs aux États membres afin d'accélérer la préparation à la défense en permettant des investissements urgents et importants en faveur de l'industrie européenne de la défense. SAFE est sur la bonne voie pour être l’instrument de défense le plus efficace, étant donné qu’en moins de six mois, le montant total de 150 milliards d’EUR de prêts a été affecté. 

  • L’acte de soutien à la production de munitions (ASAP) vise à accroître les capacités de production de munitions dans toute l’Europe et, ce faisant, à aider les États membres à reconstituer leurs stocks et à livrer des munitions à l’Ukraine en anticipant les goulets d’étranglement et les pénuries dans les chaînes d’approvisionnement en matière de défense.

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Hélène Dressen
Tel.: +32 471502795
helene.dressen@cor.europa.eu  

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